La Chapelle Sainte-Marie de Venel La Chapelle Saint-Jean de Siège
L’Eglise de Sainte-Madeleine Le Monastère Sainte-Lioba
L’Eglise du Castrum L’Eglise Saint-Pierre
La Chapelle Saint-Germain Sur le Castrum de Rocca
La tradition de la Saint-Germain L’Hôtel de Ville de Simiane

Des Eglises et des Chapelles

La Chapelle Sainte-Marie de Venel

Elle datait de 973, mais elle est complètement détruite aujourd’hui. Elle contenait des sculptures mérovingiennes, une frise utilisée comme linteau à la porte d’un cabanon (60X35 cm), et un entablement (50X70 cm) décoré d’entrelacs, d’une croix pattée et d’une pomme de pin. Ces vestiges ont été décrits par Gérin-Ricard au début du XXème siècle.

L’Eglise de Sainte-Madeleine

Construite en pierres brutes sous le rocher de Sainte-Madeleine à 380 mètres d’altitude, elle est mentionnée dans une charte de Saint-Victor en 1098.
Elle mesurait 6 mètres sur 15. Au début du siècle, on distinguait encore une partie de l’abside semi –circulaire et la base d’un mur latéral, épais de 80 centimètres. Au voisinage se trouvait une nécropole dans laquelle on a retrouvé des ossements. Le hameau fut déserté au XVIème siècle, durant les guerres de religion, et les habitants se regroupèrent à Collongue.
Au-dessus de cette chapelle, au flanc de la montagne, dans une grotte naturelle, une statue de Sainte-Madeleine a été grossièrement taillée dans le roc.

L’Eglise du Castrum

Consacrée à Saint-Pierre, elle était située en contrebas de la tour de guet. Donnée à l’abbaye de Montmajour au Xème siècle, elle dépendit ensuite d’une commanderie des Templiers. Elle servit de chapelle des Pénitents et fut détruite vers 1930. De cette petite église de style roman, il ne reste que des pans de murs de mètres de haut.

La Chapelle Saint-Germain

La chapelle Saint-Germain, voisine de Venel, est bâtie sur la voie qui venait de Marseille et passait à Fabregoules, à travers des bois de chênes et de pins d’Alep.
Elle fut édifiée à 2kms du Château féodal de Venel. Autour du prieuré de Saint-Germain,
appartenant à Saint-Victor de Marseille, étaient installées quelques maisons de fermiers qui
avaient succédé à une villa romaine. Des restes d’une fabrique de poterie, très signalétiques,
plusieurs tombeaux, des monnaies impériales, des vestiges de bassins, des fragments de
lampes et d’amphores, ne laissent aucun doute sur cette affirmation.
Le porche plein cintre, ouvre par une épaisse et vieille porte de bois, assemblée à l’aide de
clous forgés à la main. Le toit à deux pentes, était surmonté d’une croix de pierre sur la façade
; celle-ci est décorée d’une niche et d’un oculus.
Le clocher- arcade est important. Deux contreforts à droite et un autre à gauche, soutiennent
les murs latéraux de pierres brutes qui dessinent à l’intérieur trois grandes arches en plein cintre.
La voûte romane est également de pierres, seul, l’arc triomphal est en pierres grossièrement
taillées. Une banquette de pierre court à la base des murs.
Sont conservées dans le petit jardin qui l’entoure, trois belles dalles biseautées dont l’origine
n’est pas précisée. Dans la Chapelle bénédictine de Saint-Germain, déjà debout en 1056,
comme nous l’apprennent les archives de Fabregoules, se trouvent deux monuments, divers
d’âge et de rite, mais réunis en un seul par quelque maladroit prieur. A l’intérieur du sanctuaire,
un cippe funéraire romain, mouluré en haut et en bas, mesurant 80cm de haut sur 50cm de
large, est gravé de six lignes en beaux caractères.
L’inscription est dédiée à Vinicius Eudrepites.
Ce brave homme voulant sans doute effacer et cacher tout souvenir païen de son oratoire
renversa le cippe et revêtit son texte antique d’une forte couche de ciment, de manière
à ne rien laisser apercevoir qu’une surface égale et badigeonnée…


D.M
v INICIO EV
d REPITI
sibi POS
ter ISQ SVIS
V.V.F

Le monument était élevé en souvenir d’un certain Vinicius Endrepites – Il semble que
l’épitaphe ait été préparée par Vinicius lui-même de son vivant, car le chiffre des années
de son existence n’y est pas inscrit.
Dès lors, on peut songer à lire après les noms du personnage : Sibi postérique
suis v (i)v(us)f(ecit) ; peut-être v(ivis)v(ivus)f(ecit).

Ensuite, une table d’autel du Vième s. couronne le cippe. Elle est en calcaire tendre
et porte les cinq croix de consécration. Trois faces de cet autel sont sculptées de frises
de feuillages et de motifs géométriques ; des sculptures analogues sont conservées
au musée de Saint-Omer.
Au sud, derrière l’abside plate de la Chapelle était un prieuré dépendant de l’Abbaye de
Saint-Victor : il reste un mur long de 2m50, épais de 40cm, creusé d’une meurtrière à 1m50
de hauteur. A proximité, jaillissent deux sources dont l’une était encore captée en 1967 par
une noria.
Le prieuré bénédictin dédié à Saint-Germain d’Auxerre, était déjà en pleine activité en
1056. Les six couvents qui furent bâtis sur le territoire de la Commune, dépendants de
Montmajour et Saint-Victor, soulignaient le caractère de ce lieu de passage et de
haute pensée religieuse. Au XVIIIème s. , le hameau de Saint-Germain fut incorporé
au village.
Pendant des siècles, les pèlerins sont venus demander assistance et rédemption au Saint
Evêque et nul passant n’aurait négligé de jeter par la fenêtre sans vitre une offrande, si
humble soit-elle, comme la plus sincère prière au bon St Germain.

LA TRADITION DE LA SAINT-GERMAIN

En ce temps, à la Saint-Germain, la dernière semaine de juillet, les moissons étaient terminées, le blé et l’avoine ensachés, et les meules de pailles dressées autour des aires de battage finissaient de sécher sous le soleil dans l’attente d’être engrangées pour l’hiver.
Les travaux des champs marquaient alors une petite pause avant l’époque des vendanges, et c’est à ce moment que Monsieur le Comte 1 demandait à son « ménager » de la ferme haute 2 de préparer la chapelle, enclavée au milieu de ses terres pour la Saint-Germain. Cette fête s’est toujours célébrée, hormis pendant la période révolutionnaire, le premier dimanche d’août.
Le jour choisi, un jeudi de préférence pour que les enfants puissent aider à la besogne, tôt le matin, l’ânesse était attelée à la petite charrette pour le transport du matériel. Outre les balais, les frottoirs, les seaux, l’échelle et les cordes, sans oublier le panier contenant le casse-croûte de midi et la gargoulette bien calée, remplie de l’eau fraîche du puits 3 , l’objet essentiel était la « campane » 4 qui avait dormi toute l’année sur son lit de paille, enfermée au fond d’une des granges.
Aux alentours de 1810, la cloche qui restait alors en place avait été volée et Monsieur le Marquis avait fait don de la campane actuelle; jusqu’à ces dernières années 5, celle-ci était chaque fois accrochée au clocheton pour la fête, décrochée le soir même et ramenée à la ferme d’où elle ne bougeait plus jusqu’à l’année suivante.
La grosse clé de la chapelle était dépendue de son clou, derrière la porte et, au pas tranquille de la Nine, la petite troupe se mettait en route sous le soleil déjà chaud; bien que la distance soit courte, les ombrages des marronniers centenaires entourant le lieu saint étaient les bienvenus.
La tradition voulait que la fenêtre située à gauche de la porte reste ouverte toute l’année afin que les passants, rares à l’époque, et les chasseurs, plus nombreux, puissent apercevoir le buste en bois sculpté et peint de Saint-Germain 6 posé sur un piédestal en pierre dans l’encoignure formée par le mur et le refend de la première voûte, protégé par un dais doré soutenu par quatre fines colonettes.

Il était de coutume, après s’être recueilli, de lancer sur le sol à travers les barreaux une obole au saint homme pour solliciter sa protection, étendue disaient les « anciens » aux animaux accompagnant le croyant. La porte grande ouverte, les quelques sous trouvés à terre mis de côté pour Monsieur le Curé, il fallait s’attaquer à l’épaisse couche de poussière que, par cette fenêtre ouverte, le mistral tout au long de l’année avait partout généreusement répandue.
La Nine dételée était conduite à la noria toute proche d’où, tournant au rythme de ses petits pas, les yeux bandés pour éviter le « tournis », ses longues oreilles pointant à travers l’épais chapeau de toile la protégeant du soleil, elle faisait remonter l’eau qui coulait dans les seaux que les garçons portaient en s’amusant à la chapelle.
Le ménager et son commis s’occupaient, eux, de l’échelle, des cordes et de la campane qu’il fallait, dans un premier temps, hisser sur le toit; ce n’était pas une mince affaire ensuite de la hisser sur les tuiles afin de pouvoir l’accrocher au clocheton.
Les femmes de ménage, le dépoussiérage terminé, lavaient à grande eau le vieux carrelage et les bancs ; de gros bouquets de fleurs sauvages, cueillies autour de la ferme, étaient mis au frais dans des seaux pour la décoration de la chapelle, le dimanche matin. Une nappe blanche garnie de dentelle était glissée sous le buste de saint-Germain, sur laquelle on disposait quelques vases et deux chandeliers.
Notre brave saint, qui avait repris des couleurs, semblait sourire dans sa barbe en entendant sonner la campane, dont on vérifiait en tirant sur la corde l’accrochage et le bon fonctionnement.

Cette sonnerie de cloche qui se répandait à l’oasis à Venel, aux Frères jusqu’aux Marres et aux Putis, si le vent était porteur, rappelait aux quelques familles des Hauts Quartiers la fête prochaine. Tandis qu’en bas, au village, ce n’était plus le son de cloche mais les roulements de tambour du garde champêtre qui annonçaient l’événement.
Après la sieste, en fin d’après-midi, le matériel ramassé, la Nine réattelée, la porte de la chapelle verrouillée, satisfaite et joyeuse, la petite troupe regagnait la ferme, après cette escapade du jour, parenthèse dans le labeur habituel des travaux de la terre.

1.Comte Adrien de Tressemanes Brunet-Simiane résidant à la Bastide (dite château, actuelle mairie), fils du marquis, Jean-Paul de Tressemanes-Simiane, propriétaire entre autres, jusqu’en 1873, de la totalité des terres et collines de Saint-Germain.
2.La ferme haute gérait toutes les terres de la plaine de Saint-Germain.
3.Gargoulette : poterie provençale en terre légèrement poreuse qui maintenait l’eau fraîche par évaporation.
4.Cloche provençale.
5.Jusqu’à l’implantation du monastère et l’utilisation de la chapelle par la communauté bénédictine de Sainte-Lioba.
6.Le buste de Saint-Germain a disparu lorsque la communauté a restauré la chapelle et refait la décoration ; ce buste fut, paraît-il, descendu à l’église du village d’où l’on perd sa trace. En 1966, il était encore en place.


La Chapelle Saint-Jean de Siège

Cette chapelle romane dépendait de l’abbaye de Saint-Victor. Elle appartenait à un prieuré important dont il reste le mur du fond et le mur mitoyen de la chapelle, ouvrant par deux petites fenêtres en plein cintre. Les murs sont épais de 1,20 m.
La chapelle, de petite dimension, a été rasée : au sol sont demeurées les bases de l’abside semi-circulaire et d’un mur latéral. Devant s’élève un bouquet de grands arbres. A droite du chemin, un important puits de pierres brutes alimentait le prieuré.
Cette chapelle, citée en 1030, fut bâtie à l’emplacement d’un temple romain sur une voie antique. On y conserva longtemps un bloc cubique en marbre blanc à moulures ; dans les murs étaient utilisées en remploi des tuiles romaines. Cette chapelle, bâtie au XIIème siècle au pied de la Chaîne de l’Etoile, entre Simiane et Fabregoules, est en ruine. Elle était dédiée à la bienvenue de la Bienheureuse Marie de Roche.

Le Monastère Sainte-Lioba

Sainte-Lioba, issue d’une famille noble, dont le nom signifie « aimé, chéri » naquit vers 710 au sud de l’Angleterre. Très tôt Lioba fut confiée aux monialesdu monastère bénédictin de Wimborne (un monastère double de moines et de moniales), pour son éducation et ensuite pour consacrer toute sa vie au service exclusif de Dieu.
Elle suit vers l’an 730 Saint-Boniface, dont elle était la nièce, pour évangéliser les pays germaniques. Lioba obtint de Boniface la direction d’un monastère à Tauberbischosheim.
Elle passe les dernières années de sa vie dans la prière et la solitude. Elle mourut le 23 septembre 780 et fut enterrée le 28 septembre à côté de Saint-Boniface afin que « ceux qui ont travaillé ensemble pour le règne de Dieu, attendent ensemble le jour de leur résurrection ».

Comme un petit hameau provençal, le monastère est un ensemble de petites maisons juxtaposées, emboîtées les unes dans les autres : oratoire, réfectoire, ateliers de tissage, de poterie, cellules, hôtellerie.

www.lioba.com

L’Eglise Saint-Pierre

L’Eglise Saint-Pierre a été construite au XVIIIème siècle à Collongue, en bas du Castrum, au-dessous de l’ancienne église à laquelle elle était reliée par une pente raide « la montée de l’Horloge ». Le clocher est une tour massive carrée coiffée d’un toit à quatre pans abritant une grosse cloche gravée du millésime 1634.
La façade de style baroque ouvre par un portail rectangulaire, surmonté d’un fronton triangulaire : le pignon est plus élevé au centre car la nef centrale est nettement plus haute que les bas-côtés. Cette nef, soutenue par de hauts piliers circulaires, est en cintre surbaissé. Le maître-autel a été dépouillé : il reste sur la gauche des boiseries des anciennes stalles, un buste reliquaire en bois doré figurant St Germain, une chaîne décorée de guirlandes sculptées et dorées datant du XVIIIème siècle.
De l’ancien autel, ne subsiste qu’un petit bas-relief en marbre blanc représentant deux têtes d’anges.
Dans le bas-côté droit, l’autel du St Sacrement possède un grand tableau de facture ancienne encadrée de deux colonnes dorées ; et plusieurs tableaux : une Descente de Croix, une Vierge et l’Agneau, un Ange gardien. Cet autel, comme son vis-à-vis, est fermé par une jolie table de communion en fer forgé.
Le chemin de croix est illustré de lithographies qui pourraient remonter au XVIIIème siècle.
Dans le bas-côté gauche, une importante cuve baptismale en marbre, de forme circulaire est sculptée en côtés de melon. Auprès, un immense tableau de facture ancienne, mesurant 2m50 sur 4, évoque l’Assomption. Un retable, formé de deux colonnes et orné au sommet de feuilles de lauriers dorées, encadre « le baptême du Christ ». Un deuxième retable de colonnes dorées, décoré d’anges au sommet, entoure un tableau évoquant St Pierre et St Jean guérissant un aveugle. L’autel du Purgatoire possède un tableau de Serre du début du XVIIIème siècle figurant le Christ.
Marie-Madeleine, et en bas à gauche une tête de mort ; sur l’autel, un petit Christ en bois sculpté est d’une belle expression. L’autel de la Vierge est encadré de deux belles colonnes sculptées en bois doré surmontées de deux anges portant un écusson, également dorées, le tableau figure St François Xavier.

Les Châteaux

Sur le Castrum de Rocca

Sur le Castrum de Rocca fut bâtie au XIIème siècle une citadelle défendue par une profonde escarpe taillée dans le roc. Il n’en reste que des traces d’enceintes et des murs très épais.
Dans l’escalier d’accès, un petit pilier est creusé d’une cavité cannelée.
L’ancien donjon, appelé « Tour de l’Horloge », est une tour pentagonale à l’extérieur, carrée à l’intérieur, construite au XIIIème siècle. C’était un poste de vigie sur la Chaîne de l’Etoile. Les murs en sont très épais et la salle du bas est voûtée.
Il fut édifié en 1500 en bas du rocher ; il se trouve aujourd’hui au centre du village, imbriqué dans des habitations particulières entre la Grand-Rue et la traverse du Château. Les murs ont 1,20m d’épaisseur ; dans la traverse subsistent deux entrées en plein cintre, une salle voûtée – ancienne écurie servant d’atelier à une menuiserie et une autre salle voûtée, ancienne réserve à vin.
Sous Henri II, en 1547, furent construites deux tours qui existent toujours : la Tour ronde à l’est fait légèrement saillie au n°4 de la place de l’Eglise. La Tour carrée, à l’ouest, éclairée de quatre ouvertures à deux niveaux différents, est située à l’angle de la traverse. Cette tour abrite un escalier dont les marches d’origine, très usées, ont été conservées aux deux étages supérieurs. Les plafonds sont ornés de plâtres gravés : deux carrés de 1,20m de côté, encore en bon état, sont ornés de vases, volutes, oiseaux, pommes, raisins et feuillages. Dans un angle, une tête d’ange en plâtre servait de console. Deux souterrains reliaient le château au Castrum et à la plaine : ils sont encore visibles sur 200m. Une entrée était située à droite de l’église.

L’Hôtel de Ville de Simiane

L’Hôtel de ville fut bâti en 1773, en dehors de l’agglomération. Il est entouré d’un parc ombragé orné de trois fontaines de pierre avec une petite vasque.
Protégé de murs épais de 70 cm, ce parc est sillonné d’agréables allées sinueuses. Le bâtiment, élevé de deux étages, est éclairé de cinq ouvertures larges et hautes à chaque niveau ; il est couronné d’une triple génoise.
La façade nord donne, par un large escalier, sur une terrasse.
L’entrée est encadrée de deux grandes pierres calcaires qui servaient à battre le blé ; sur le devant l’ancienne aire à blé, a gardé le nom de « Place des Aires ».
Les hautes et vastes pièces sont décorées de gypseries aux plafonds et de cheminées de marbre sculpté.